Tropismes

Avant-propos

Le ministère des Affaires étrangères, en collaboration avec lâ??Association pour la diffusion de la pensée française, rend hommage à de grands auteurs français en faisant mieux connaître à dâ??étranger leur Å?uvre par des expositions documentaires, des livrets biobibliographiques, des portfolios, en envoyant leurs livres dans des bibliothèques à dâ??étranger et en aidant des éditeurs étrangers à les publier.

Parallèlement à La Fontaine, Descartes, Sévigné, Voltaire, Maupassant dont on commémorait naissance ou mort, nous avons souhaité célébrer des écrivains contemporains: Lévi Strauss, Giono, Malraux�

Grâce à Annie Angremy, commissaire de lâ??exposition Nathalie Sarraute, face dâ??un écrivain, présentée durante 1995 à la Bibliothèque nationale de - France où elle est conservateur général, le ministère des Affaires étrangères orient particulièrement heureux de rendre hommage à Nathalie Sarraute, lâ??un des plus grands auteurs de langue française, inventeur dâ??une forme nouvelle du roman, dramaturge singulière, dont dâ??Å?uvre traduite en plus de trente langues vient nâ??être éditée par Jean Yves Tadié dans la selection de la Pléïade.

Je souhaite remercier Annie Angremy qui nous a fait profiter de sa connaissance rigoureuse de dâ??Å?uvre et de la confiance que lui accorde lâ??auteur, ainsi que la Bibliothèque nationale de - France.

Sous- directeur.

Destiné à accompagner lâ??exposition documentaire en douze panneaux ce livret privilégie les details nâ??Å?uvres et dâ??entretiens de Nathalie Sarraute.

â?? Quand je lis un post critique, câ??est aux details que je vais dâ??abord, puis ayant pris contact avec le texte â?? un contact si immediate et si spontané quâ??aucun commentaire venu du dehors ne pourra le modifier â?? je lis avec intérêt ce quâ??en dit le critique, je relis les details à cette lumière, je cherche à retrouver ce quâ??il b a vu â?? ce qui parfois enrichit ma relecture, sans jamais me faire perdre ma première impact. â?? (N.S., â?? Ce que je cherche à faire â??, Nouveau Roman: hier, aujourdâ??hui two. Pratiques, 1972, London, g. 36. Factor de Nathalie Sarraute à la Décade de Cerisy sur le Nouveau Roman en 1971.)

Annie Angremy

Nathalie Sarraute

â?? Il me semble, quant à moi, quâ??au départ de tout IL-y a ce quâ??on delivered, le â??ressentiâ??, cette shake, ce tremblement, cette chose qui ne porte aucun nom, quâ??il sâ??agit p transformer en langage. Elle se manifeste de bien des façonsâ?¦

Parfois dâ??emblée, par des mots, parfois par des paroles prononcées, des intonations, très souvent par des photos, des rythmes, des sortes de signes, comme des lueurs brèves qui laissent entrevoir de vastes domainesâ?¦ Là est la source vive. â??

(N.S., Entretien avec Geneviève Serreau, La Quinzaine littéraire, 1er - 15 mai 1968.)

Nathalie Sarraute sâ??impose comme lâ??un des grands écrivains de notre siècle. Ã?crivain français, par les hasards de la vie. Née en 1900 à Ivanovo-Voznessensk, près de Moscou, Nathalie Tcherniak connaît une enfance partagée entre la Russie et la France, où elle sâ??installe défini-

Tivement. Après une license dâ??anglais, des études dâ??histoire et de sociologie, elle fait une licence de droit. Elle épouse, en 1925, lâ??avocat Raymond Sarraute. Inscrite au barreau de London, elle plaide de petites affaires en correctionnelle jusquâ??en 1941.

Lectrice depuis son enfance, dans les années vingt- qui sa conception du roman, cinq Joyce Woolf. En 1932, elle écrit les premiers textes de Tropismes, publié en 1939, et dès lors se consacre entièrement à dâ??écriture, loin de tout milieu littéraire, dans un isolement et une incompréhension presque totale necklace près de vingt-cinq ans. Lâ??Ã?re du soupçon (1956), textes fondateurs du Nouveau Roman, et Le Planétarium (1959) marquent sa consécration dans le monde entier.

Dans les années soixante, elle sâ??attache au problème de la création, avec trois romans, dont le top, Les Fruits dâ??or, obtient le Prix Global p Littérature en 1964. Elle découvre en même temps les ressources dâ??un â?? théâtre de langage â?? et écrit six pièces entre 1963 et 1980, dérivatif et prolongement de boy Å?uvre romanes-que.

Depuis une vingtaine dâ??années, elle poursuit sa recherche sur â?? lâ??usage de la parole â??, titre du livre publié en 1980, en un retour aux resources mêmes des tropismes, dégagée de toute hype. Elle vient de publier Ici.

â?? Boy Å?uvre est sans équivalent dans la littérature, Å?uvre singulière et difficile en ce quâ??elle orient née du souci dâ??exprimer ce qui ne lâ??avait jamais été, de mettre à jour, par et contre le langage, ce qui ne semblait pas en relever â?? ces infimes mouvements de lâ??intériorité quâ??elle nomma tropismes â?? et de définir pour cela une forme nouvelle qui dépasse les limites traditionnelles du roman. Mais câ??est une Å?uvre révélatrice, aussi, des interrogations et des recherches de son conditions, et dont le succès et la diffusion en plus de trente langues disent assez combien de lecteurs elle a su toucher. â?? (Nathalie Sarraute, Jean Favier. Face dâ??un écrivain, BNF, 1995, g. 3.)

Les références aux pages des Å?uvres renvoient à la selection â?? Folio â??, Gallimard.

* Archiviste-paléographe, conservateur général au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de - France, Annie Angremy a été commissaire de lâ??exposition Nathalie Sarraute. Face dâ??un écrivain au printemps 1995. Elle a publié en 1994 Les plus beaux manuscrits des romanciers français, dans la selection â?? La mémoire p lâ??encre â?? (BNF, Robert Laffont) et est co-directeur de la nouvelle édition des Å?uvres p Raymond Roussel (SN Pauvert/Fayard).

I. Naissance dâ??un écrivain: Tropismes 1939

â?? Je croyais que le roman, pour parler avec Flaubert, doit toujours apporter de nouvelles formes et une nouvelle material. Et je croyais que lâ??on ne doit écrire que si lâ??on éprouve quelque chose que dâ??autres écrivains nâ??ont pas déjà éprouvé et exprimé. â??

(N.S., â?? Discussion avec François Bondy â??, dans B. Belaval. 1965, Cranaki Gallimard, g. 213.)

Sans doute est-ce cette obstination à trouver son propre domaine qui empêche longtemps Nathalie Sarraute de passer à dâ??écriture. En 1932, elle écrit les deux premiers textes â?? p â?? petits poèmes en writing â?? â?? du recueil achevé en 1937, auquel elle donne, par analogie avec les mouvements de certains organismes sous lâ??effet dâ??une excitation extérieure, le titre de Tropismes, devenu le symbole de toute son Å?uvre. Passe totalement inaperçu, plusieurs éditeurs publié durante février 1939 chez Denoèl, malgré les témoignages personnels de Max Jacob et de Jean Paul Sartre. Seul le review belge Victor Moremans lui consacre un post dâ??une uncommon perspicacité, soulignant la poésie dâ??un livre, â?? dont le charme primary naît surtout de boy imprécision et de ce quâ??il a p fuyant et dâ??insaisissable â??â?¦ et qui â?? peut être considéré comme dâ??échantillon avant-coureur dâ??une Å?uvre dont lâ??acuité et la profondeur nous surprendront peut-être un jour. â??

(Gazette de Liège, 24 mars 1939).

Mâ??édition originale comprenait dix-neuf textes, la réédition aux Ã?ditions de minuit, en 1957, après le succès p dâ??Ã?re du soupçon, comporte six nouveaux textes, écrits dès 1939, et supprime un texte que dâ??écrivain jugeait trop â?? daté â??.

Préface à Lâ??Ere du soupçon, 1964, g. 8-9.

â?? Jâ??ai commencé à écrire Tropismes en 1932. Les textes qui composaient ce premier ouvrage étaient lâ??expression spontanée dâ??impressions très vives, et leur forme était aussi spontanée et naturelle que les thoughts auxquelles elle donnait compete.

Je me suis aperçue en travaillant que ces thoughts étaient produites par certains mouvements, certaines steps intérieures sur lesquelles friday interest sâ??était fixée depuis longtemps. En fait, me semble t il mon enfance.

Ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre mind; ils sont à lâ??origine de nos gestes, p nos paroles, des emotions que nous manifestons, que nous croyons éprouver et quâ??il est probable p définir. Ils me paraissaient et me paraissent encore constituer la source notre existence. [â?¦]

Leur déploiement constitue de véritables drames qui se dissimulent derrière les discussions les plus banales, les gestes les plus quotidiens. Ils débouchent à tout instant sur ces apparences qui à la fois les et les révèlent that is masquent.

Les drames constitués par ces steps encore inconnues mâ??intéressaient en eux-mêmes. Rien ne pouvait en friday that is distraire

Interest. Rien ne devait en distraire celle du lecteur: ni caractères des personnages, ni plot romanesque à la faveur de laquelle, dâ??ordinaire, ces caractères se développent, ni emotions connus et nommés. Ã? ces mouvements qui existent chez tout le monde et peuvent à market second se déployer chez nâ??importe qui, des personnages anonymes, à peine visibles, devaient servir de easy assistance.

Friday premier livre contenait en germe tout ce que, dans mes ouvrages suivants, je nâ??ai cessé p développer. Les tropismes ont continué à être la substance de mes livres. â??

N.S., â?? Le langage dans lâ??art du roman â??. Conférence prononcée au Japon en 1970. A propos du â?? Tropisme IX â??, S. Nathalie Sarraute, Benmussa, qui êtes-vous?, la Produce, Lyon, 1987, g. 194

â?? La seule chose dont je sois sûre, câ??est la sincérité de mon work put dégager une feeling qui me paraissait encore inexprimée, pour la débarrasser de ce qui lâ??encombre et mâ??efforcer, comme je le pouvais, p la faire vivre au moyen du langage. â??

Tropismes, Ã?ditions de Minuit, 1957, g. 57-58 (extrait du â?? Tropisme IX â??)

Elle était accroupie sur un coin du fauteuil, se tortillait, le cou tendu, les yeux protubérants: â?? Oui, oui, oui, oui â?? disait-elle, et elle approuvait chaque membre de expression dâ??un branlement de la tête. Elle était effrayante, douce et plate lisse. Elle avait quelque chose dâ??angoissant, dâ??inquiétant et sa douceur était menaçante.

Il sentait quâ??à tout prix il fallait la redresser, lâ??apaiser, mais que seul quelquâ??un doué dâ??une force surhumaine pourrait le faire, quelquâ??un qui aurait le courage de rester en face dâ??elle, là, bien assis, bien calé dans un autre fauteuil, qui oserait la regarder calmement, bien en experience, saisir son respect, ne pas se détourner de son tortillement. â?? Eh bien! Comment allez-vous donc? â?? Illinois cela. â?? Eh bien! Review vous portez-vous? â?? Illinois oserait le lui dire â?? et puis il attendrait. Quâ??elle parle, quâ??elle agisse, quâ??elle se révèle, quâ??elle sorte, que cela éclate enfin â?? illinois nâ??en aurait pas peur.

two. Les romans du â?? je â??, chasseur de tropismes

Nathalie Sarraute publie ses deux premiers romans, en 1948 et 1953, qui ne rencontrent presque aucun écho. Dans Face dâ??un inconnu, comme dans Martereau, un â?? je â?? hypersensible, narrateur et â?? chasseur de tropismes â??, cher-che à capter les mouvements

Strategies qui sous-tendent le comportement en apparence banal des personnages, nommés that is jamais .

â?? [â?¦] je ne pensais pas, à ce second-là [en écrivant Tropismes], que je pourrais écrire des romans parce quâ??il me semblait que des personnages bien définis et une interest empêcheraient de voir ces mouvements qui devaient attirer exclusivement friday interest et celle du lecteur. Puis, en travaillant, jâ??ai vu que pour progresser il fallait permettre à ces mouvements de se déployer, et pour cela les suivre sur un même personnage, sur deux personnages qui seraient dans un état de conflit lasting. â??

(N.S., Conférence prononcée à Milan en 1959, au cours dâ??un débat sur le Nouveau Roman, éd. Magazine de lâ??exposition Nathalie Sarraute. Face dâ??un écrivain, Bibliothèque nationale de - France, 1995, g. 21.)

Face dâ??un inconnu               1948

Ã?crit entre 1941 et 1946, Face dâ??un inconnu feeling les mêmes difficultés que Tropismes à trouver un éditeur, malgré une préface de Jean Paul Sartre, qui en donne un passing, en janvier 1946, dans sa revue Les Temps modernes. Le livre est finalement un petit éditeur. Illinois en environ quatre cents exemplaires et mit le reste au pilon.

â?? Un anti-roman qui se lit comme un roman policier. â?? P la préface de Sartre, on ne retint souvent que cette définition quelque peu réductrice, et non la magnifique summary sur le â?? livre difficile et exemplary â?? de Nathalie Sarraute.

â?? Le meilleur de Nathalie Sarraute, câ??est boy design trébuchant, tâtonnant, si honnête, si plein de repentir, qui approche de lâ??objet avec des précautions pieuses, sâ??en écar-te soudain par une sorte de pudeur ou par timidité devant la complexité des choses et qui, en fin de compte, nous livre brusquement le monstre tout baveux, mais presque sans y toucher, par la vertu magique dâ??une picture. Est-ce de la psychologie? Peut- voudrait, être Nathalie Sarraute, grande admiratrice p Dostoïevsky - nous le croire. Pour moi je pense quâ??en laissant deviner une authenticité insaisissable, en montrant ce va-et-vient incessant du particu-

lier au général, en sâ??attachant à peindre le monde rassurant et désolé p lâ??inauthentique, elle a mis au stage une technique qui permet dâ??atteindre, par delà le psychologique, la réalité humaine, dans son lifestyle même. â?? (Jean-Paul g, Sartre, 1947. 15)

N.S., Entretien avec Marc Saporta, Lâ??Arc, n° 95, 1984, g. 6

â?? En réalité, je suis partie de Balzac [â?¦] mais ce qui mâ??intéressait, dâ??était p découvrir remark un moderne écrirait aujourdâ??hui Eugénie Grandet. Sans prétendre, bien sûr, à égaler durante qualité ce cook-nâ??Å?uvre. Ce qui me paraissait essential, ce dâ??était pas lâ??histoire telle que la racontait le roman traditionnel, mais une autre histoire, celle des mouvements sous jacents de la mind â?? ce que jâ??appelle les â??tropismesâ??.

P sorte quâ??il b a, dans ce roman, des personnages en trompe-dâ??Å?illinois qui ne mâ??intéressent pas, et des mouvements à lâ??intérieur dâ??eux-mêmes et que je cherche à recréer. En fait, je suis plutôt cet observateur qui se passionne pour ce qui se passe dâ??encore inconnu chez le père et chez la fille et qui est â??chasseur p tropismesâ??. Tout ce qui lâ??intéresse, câ??est de trouver ces tropismes. â??

Face dâ??un inconnu, p. 80

Illinois me parut, cette fois, plutôt plus étrange encore quâ??il ne mâ??avait paru autrefois. Les lignes de son visage, p boy jabot de dentelles, p boy pourpoint, p ses mains, semblaient être les curves fragmentaires et incertains que découvrent à tâtons, que palpent les doigts hésitants dâ??un aveugle. On aurait dit quâ??ici lâ??effort, le doute, le tourment avaient été surpris par une disaster soudaine et quâ??ils étaient demeurés là, fixés en plein mouvement, comme ces cadavres qui restent pétrifiés dans lâ??attitude où la mort les

a frappés. Ses yeux semblaient avoir échappé au cataclysme et avoir atteint le but, lâ??achèvement: ils paraissaient avoir tiré à eux et concentré en eux toute lâ??intensité, la vie qui manquaient à ses characteristics encore informes et disloqués. Ils semblaient ne pas appartenir tout à fait à ce visage et faisaient penser aux yeux que doivent avoir ces êtres enchantés dans le corps desquels un charme retient captifs les princes et les princesses des contes de fées. Lâ??appel quâ??ils lançaient, pathétique, insistant, faisait sentir dâ??une manière étrange et rendait tragique boy stop.

Martereau               1953

â?? Dans Face dâ??un inconnu, le narrateur sâ??efforce dâ??arracher cette plaque, sur laquelle est inscrit: câ??est un égoïste, câ??est un avare, put dégager ce quâ??elle recouvre. Dans Martereau, sous la pression de mouvante, se désagrègent les traits p caractère conduites bien connus, recensés et catalogués qui faisaient apparaître Martereau un personnage kind du roman traditionnel. â??

(N.S., â?? Ce que je cherche à faire â??, post cité, 1972, g. 36.)

Publié chez Gallimard grâce au soutien de Marcel Arland, Martereau reçut un meilleur accueil de la critique et du community, peut-être abusé par le caractère â?? policier â?? P lâ??intrigue, lâ??achat par lâ??oncle du narrateur dâ??une maison de campagne sous le couvert dâ??un homme de paille, Martereau, â?? personnage â?? En apparence auquel le neveu se raccroche. Mais, au-delà de la trame-alibi, la désintégration du personnage stéréotypé, tout aussi agité p tropismes que les autres, et surtout lâ??importance donné aux mouvements qui précèdent le conversation, première et éblouissante démonstration de ce que dâ??écrivain appelle les sous-discussions, marquent une nouvelle étape dans la recherche de Nathalie Sarraute.

N.S., â?? Ce que je cherche à faire â??, post cité, 1972, g. 36

â?? Enfin ces mouvements transformaient pour moi les dialogues qui nâ??avaient pas dâ??autre intérêt que de porter ces mouvements au-dehors, market en les abritant sous la couverture des lieux communs de la conversation. Détachés de ce qui les propulse au-dehors, ces dialogues mâ??apparaissaient comme des pièces assez grossièrement rapportées.

Ã? partir de la expression la plus banale du conversation le plus commun qui soit, jâ??ai essayé, dans Martereau, publié en 1953, de construire quatre steps dramatiques différentes, choisies dans la masse infinie de ces virtualités que lâ??imagination fait surgir, dont aucune nâ??a sur lâ??autre lâ??avantage dâ??une réalité ou dâ??une vérité plus grande.

Cette même scène reprise dans quatre variantes différentes (il aurait pu b en avoir quarante) a constitué une technique qui, employée avec les résultats remarquables que vous connaissez et répondant à une exigence très différente de la mienne, orient aujourdâ??hui considérée comme une des caractéristiques essentielles du Nouveau Roman. â??

Martereau. 74-75

Ce nâ??est pas par hasard que jâ??ai rencontré Martereau. Je ne crois pas aux rencontres fortuites (je ne parle évidemment que de celles qui comptent). Nous avons tort de penser que nous allons buter dans les au petit bonheur. Jâ??ai toujours le message que câ??est nous qui les faisons surgir: ils apparaissent à stage nommé, comme faits sur mesure, sur commande, put répondre exactement (nous ne nous en apercevons souvent que bien plus tard) à des besoins en nous, à des désirs parfois inavoués ou inconscients.

Cependant je conviens quâ??il est plus raisonnable, plus satisfaisant de dire simplement que, les ayant sans doute longtemps cherchés sans le savoir, nous finissons bien un beau jour par les trouver; chacun trouve, dit-on, chaussure à son pied.

Jâ??ai toujours cherché Martereau. Je lâ??ai toujours appelé. Câ??est boy picture â?? je le sais maintenant â?? qui mâ??a toujours hanté sous des formes diverses. Je la contemplais nostalgie. Illinois était la patrie lointaine dont put des raisons mystérieuses jâ??avais été banni; le port dâ??attache, le havre paisible dont jâ??avais perdu le chemin; la terre où je ne pourrais jamais aborder, ballotté que tâ??étais sur une mer agitée, déporté sans cesse par tous les courants.

III. Lâ??Ã?re du soupçon et le Nouveau Roman 1956

Parallèlement à boy Å?uvre romanesque, Nathalie Sarraute écrit entre 1947 et 1956 quatre posts nourris de ses réflexions sur les formes traditionnelles et sur lâ??avenir du roman qui, comme tout artwork, doit être en constante évolution: â?? P Dostoïevsky à Kafka â??  et â?? Dâ??ère du soupçon â?? (Les Temps modernes, octobre 1947 et février 1950), â?? Discussion et sous-discussion â?? (La NNRF, janvier-février 1956) et â?? Ce que voient les oiseaux â?? (texte inédit). Publié durante recueil aux Ã?ditions de Minuit, à lâ??instigation dâ??Alain Robbe-Grillet, sous le titre du second post, Dâ??Ã?re du soupçon bouleverse la review littéraire et ouvre la voie du Nouveau Roman. La vraie question est posée: â?? Remark le romancier pourrait-il se délivrer du sujet, des personnages et de lâ??intrigue ? â??. Véritable artwork poétique du romancier contemporain, la réflexion déborde du recueil dâ??essais put irriguer dâ??Å?uvre entière.

â?? A mon avis, si je nâ??avais pas publié ce quantity, rien ne se serait passé pour moi de ce qui mâ??est arrivé par la collection â??, a toujours reconnu Nathalie Sarraute, qui sâ??impose ainsi comme précurseur et chef-de document du Nouveau Roman et se fait connaître dans le monde entier. Mais, sans jamais renier ce quâ??elle doit au mouvement brilliant et éphémère quâ??orchestra lâ??auteur des Gommes et du Voyeur, dâ??écrivain, comme les autres écrivains du groupe, Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Claude Simonâ?¦, a parfaitement défini leur placement. â?? La seule chose qui nous rapprochait était quâ??on était tous pour une certaine liberté de forme. â?? (N.S., Entretien avec Lucette Finas, Ã?tudes littéraires, vol. 12, n°3, décembre 1979, p. 396.)

Préface à Dâ??Ã?re du soupçon, 1964, g. 10

â?? Mes premiers livres: Tropismes, paru en 1939, Face dâ??un inconnu, paru en 1948, nâ??ont éveillé à peu près aucun intérêt. Ils semblaient aller à contre-courant.

Jâ??ai été amenée ainsi à réfléchir â?? ne serait-ce que put me justifier ou me rassurer ou mâ??encourager â?? aux raisons qui mâ??ont poussée à certains refus, qui mâ??ont imposé certaines methods, à examiner certaines Å?uvres du passé, du présent, à pressentir celles de lâ??avenir, put découvrir à travers elles un mouvement irréversible de la littérature et voir si mes tentatives sâ??inscrivaient dans ce mouvement. [â?¦]

Est il besoin dâ??ajouter que la plupart des idées exprimées dans ces posts component certaines basics essentielles de ce quâ??on nomme aujourdâ??hui le â??Nouveau Romanâ??. â??

â?? Ce que voient les oiseaux â??, quatrième essai de Lâ??Ere du soupçon, g. 144-145.

Mais comment le romancier pourrait-il se délivrer du sujet, des personnages et de lâ??intrigue? Il aurait love essayer dâ??isoler la parcelle de réalité quâ??il sâ??efforcerait de saisir, il ne pourrait éviter quâ??elle ne soit intégrée à quelque personnage, dont dâ??Å?il bien accommodé du lecteur reconstituerait aussitôt la outline familière aux lignes simples et précises, que ce lecteur affublerait dâ??un â?? caractère â??, où illinois retrouverait un de ces kinds dont il est si friand, et qui accaparerait level son element bien ressemblant et â?? vivant â?? la plus grande portion de son consideration. Et ce personnage, quelque work que le romancier puisse faire pour le maintenir motionless, afin de pouvoir concentrer son consideration et celle du lecteur sur des frémissements à peine perceptibles où il lui semble que sâ??est réfugiée aujourdâ??hui la réalité quâ??il voudrait dévoiler, illinois nâ??arrivera pas à lâ??empêcher de bouger juste assez pour que le lecteur trouve dans ses mouvements une interest dont il suivra avec curiosité les péripéties et attendra avec impatience le dénouement.

Ainsi, quoi que fasse le romancier, il ne peut détourner lâ??attention du lecteur de toutes sortes dâ??objets que nâ??importe quel roman, quâ??il soit bon ou mauvais, peut lui fournir.

IV. Le Planétarium               1959

â?? De tous mes romans, Le Planétarium est celui qui an obtenu le plus p succès. Ã? la faveur dâ??un malentendu naturellement. Les personnages des noms et des prénoms. Le public nâ??a pas manqué p sâ??en réjouir. Illinois nâ??a pas vu le trompe-dâ??Å?il, ou plutôt il an aimé ce qui dâ??était quâ??un trompe-dâ??Å?il. Il est tombé dans le piège que le livre lui tendait sans le vouloir. â??

(1979, N.S. post cité, g. 398).

Initial des romans de Nathalie Sarraute à paraître sous la bannière du Nouveau Roman, Le Planétarium marque la consécration p dâ??écrivain.

Pour ce troisième roman, Nathalie Sarraute reprend le titre du livre annoncé â?? durante préparation â?? dès 1939 et destiné alors à un nouveau recueil de Tropismes. Titre tout aussi symbolique: dans cet univers de fake-semblant, tout est tropismes, sans lâ??intervention dâ??un â?? je â?? semi-conscient. Put restituer les mouvements à leur affleurement, dâ??écrivain revient aux â?? ils â?? ou â?? elles â??, ne se distancie plus des personnages, se substitue à eux au stage p ne pouvoir les nommer: â?? les noms ne peuvent être employés par lâ??auteur sâ??adressant au lecteur, mais par les personnages entre eux â??, qui se voient comme des â?? personnages â??, notice-t-elle dans un plan de lâ??ouvrage.

Lâ??un des thèmes du Planétarium, la â?? création à dâ??état naissant â??, â?? lâ??effort créateur qui sans cesse sâ??ébauche, tâtonne, cherche son objet, sâ??enlise, se dégrade â??, va devenir le sujet essentiel de sa recherche. Illinois apparaît ici aussi bien chez une vieille femme maniaque obsédée par la décoration de son appartement que chez le romancier en puissance que lâ??on devine chez son neveu, encounter à la caricature de grand écrivain académique incarnée par Germaine Lemaire.

Conférence prononcée à Milan en 1959, N.S., texte cité, g. 22-23

â?? Dans Le Planétarium, ces mouvements agitent tout le monde, tous les personnages sont agités p tropismes. Ils se meuvent à lâ??intérieur dâ??un univers factice, le planétarium, qui est un petit univers construit par eux à leur mesure, un univers de lieux communs, une replica dâ??un univers vrai qui serait quelque part au dehors et câ??est vers ces replicas de vrais astres quâ??ils se tendent, câ??est parmi eux quâ??ils se sentent à lâ??abri et aussi, parfois, à dâ??étroit. â??

G, Le Planétarium. 249

Le ciel tourne au dessus de lui, les astres bougent, il voit se déplacer les planètes, un vertige, une angoisse, un message de panique le prend, tout bascule dâ??un coup, se renverseâ?¦ elle-même sâ??éloigne, elle disparaît p lâ??autre côtéâ?¦ Mais il ne veut pas la lâcher, il peut la suivre, les suivre là-bas, illinois vientâ?¦ seulement quâ??elle ne le repousse pas, quâ??elle ne lâ??abandonne pasâ?¦ il est avec eux, de leur côtéâ?¦ â?? Eh bien, figurez-vous, tout ce que vous me dites là, je lâ??ai un peu pensé aussi quand jâ??ai vu Lebat la dernière foisâ?¦ Ã?a mâ??a même rendu un peu envieuxâ?¦ Je me suis senti coupableâ?¦ Il donne une telle impact de drive, p sérénitéâ?¦ il-y a chez lui, dans sa façon de tout survoler, une espèce p renoncementâ?¦ très rareâ?¦ Illinois a réussiâ?¦ je dois vous avouer que câ??est ce que jâ??envie le plus aux autres dans la vieâ?¦ une ascèse. Il-y an en lui p lâ??unité, une grande pureté, aucun mélangeâ?¦ Je pensais tout ça moi aussi, lâ??autre jour, en lui parlant, je me sentais indigne, jâ??ai failli, comme un gosse, lui dire que jâ??aimerais tellement le voir plus souvent, devenir boy amiâ?¦ â??

V VI. Les romans de la création

Avec ses trois romans des années soixante, Nathalie Sarraute se délivre des personnages et de lâ??intrigue, en un retour à la structure fragmenté des Tropismes, collection de scènes juxtaposées gravitant autour du thème au cÅ?ur de boy Å?uvre, la réflexion sur la création, sur â?? lâ??effort créateur â??, qui est constitutive de cet work même: â?? Toujours la material première p dâ??écriture a fait lâ??objet p ma recherche dans tous mes livres. â?? (N.S., post cité, Entretien avec Geneviève Serreau, g. 2, 1968.)

En 1963, Les Fruits dâ??or, roman sur les réactions â?? les tropismes â?? produits par lâ??ascension puis par la chute dâ??un roman du même titre, sâ??attachent à la condition du lecteur encounter à dâ??Å?uvre quâ??il aime ou quâ??il rejette, masquée par le rideau de lâ??opinion. Le livre obtient le Prix International en 1964. Traduit dans les quatorze pays membres du court, Les Fruits dâ??or est le premier livre de Nathalie Sarraute à être traduit en Marriage soviétique.

Dans Entre la vie et la mort, en 1968, jamais lâ??expérience difficile et douloureuse de lâ??écrivain nâ??a été menée aussi loin, p la site à écrire au malaise de la consécration, du mythe de la career à dâ??émergence des photos, des feelings. Le livre â?? montre quelques stages de la lutte acharnée à lâ??issue toujours incertaine sur un landscape où la vie et la mort sâ??affrontent avec le plus de dissimulation, celui où une Å?uvre littéraire prend racine, grandit ou meurt. â?? (N.S., Prière dâ??insérer)

Avec Vous les entendez?, en 1972, où il ne sâ??agit plus p littérature, mais de lâ??art et de sa réception â?? une statue de pierre primitive provoquant par sa seule présence conflits et concerns au sein dâ??une famille â?? dâ??Å?uvre dâ??art est cette fois menacée, low par des paroles, mais par des rires, â?? énigme illimitée où les rapports humains se réfléchissent les uns les autres sans jamais sâ??arrêter en une importance définitive â??. (1979, N.S. post cité, g. 400)

Les Fruits dâ??or               1963

â?? Un factor des Fruits dâ??or, câ??est le besoin, et lâ??impossibilité de saisir dans une Å?uvre dâ??art une valeur absolue. Elle se dérobe constamment. Un seul lecteur appear, à la b, à établir avec dâ??Å?uvre un contact immediate, à préserver la fraîcheur intacte de sa feeling, comme sâ??efforce p le faire un écrivain. â??

(N.S., Entretien avec Geneviève Serreau, post cité, 1968)

Les Fruits dâ??or, g. 158

â?? Et les Fruits dâ??Or? Est-ce que vous vous en souvenez? â?? Cet work quâ??il faut faire chaque foisâ?¦ Je ne parviens pas à me déciderâ?¦ Câ??est p sentir comme en eux immanquablement le mécanisme se achieved à fonctionnerâ?¦ comme un réveil quâ??on a remonté, une horloge bien régléeâ?¦ Jâ??attends que la sonnerie se déclenche.

Même autrefois, au conditions où de prononcer votre nom faisait retentir aussitôt des cris dâ??admiration, rien que de savoir cela à coup sûr, p lâ??attendre, me jetait dans une espèce de fureur, jâ??avais envie de les secouer pour les fausser, pour les forcer à avoir des ratésâ?¦ Mais maintenantâ?¦

â?? Et les Fruits dâ??Or ? â?? Voilà. Le système dâ??horlogerie se met en branleâ?¦ â?? Oh parce queâ?¦ â?? Ce sont les premiers grincementsâ?¦ â?? Parce queâ?¦ vous en êtes encoreâ?¦ â?? Les coups sonnentâ?¦ â?? Vous en êtes encore aux Fruits dâ??Or? â??

Entre la vie et la mort               1968

â?? Chaque roman nouveau est pour moi comme un prolongement, un approfondissement du précédent. Après Les Fruits dâ??or, jâ??ai voulu repartir de plus loin, à la racine de dâ??Å?uvre littéraire, au niveau de la supply première où elle naît et sur laquelle pèse à chaque instant une nuisance â?? à chaque instant et depuis toujours, depuis lâ??enfance. Elle peut se troubler, se tarir, cette supply, se perdre. La mort. Ensuite, le livre est fait, présenté et dâ??écrivain kind de sa isolation pour affronter nécessairement les autres, cette fois à visage découvert. â??

(N.S., Entretien avec Geneviève Serreau, post cité, 1968.)

Entre la vie g, et la mort. 72

Il se lève dâ??entre les morts. Il-y an ici ces résurrections. Les jeux ne sont pas encore faits â?? on peut toujours reprendre sa mise. On renonce, oublie, détruit, et on repart. Market recommence.

Wayward seul de nouveau dans ces étendues sans b où il lui semble que personne avant lui nâ??a été tenté p sâ??aventurerâ?¦ Aucune trace nulle part. Aucun jalon ici ni stage de qui permette de conserver le sens des amounts. La plus inoffensive bestiole alerte toute lâ??attention, paraît aussi effrayante quâ??un tigreâ?¦ Tâtonnant, cherchant, mais quoi? Illinois nâ??en sait trop rien. Cela ne porte aucun nomâ?¦ quelque chose qui serait comme ce tout initial suintement, ce mouvement à peine ébauchéâ?¦

Vous les entendez ?               1972

â?? Tout le livre est dâ??avance versé dans le rire qui lâ??introduit et le recueille. [â?¦]

Ce qui mâ??an intéressée, câ??est le heurt de la sensibilité entre gens qui sâ??aiment. Câ??est le conflit entre lâ??amour p â??lâ??Art â?? et lâ??amour de ses proches; le besoin de donner ce qui compte le plus pour vous et le refus de le recevoir. Dâ??était pour le déploiement des tropismes une condition privilégiée. â??

(1979, N.S. post cité, g. 400.)

G?, vous les entendez. 34

Il faut se reprendre, se secouerâ?¦ Il est temps de sâ??occuper de choses sérieuses. Lâ??autre déjà le rappelle à lâ??ordreâ?¦ illinois étend sa grosse major vers la bête, illinois la pousse au milieu de la desk, illinois la tourne, lâ??examineâ?¦ Imperturbable. Parfaitement tranquille soi. Sent, p toute évidence, en. Qui, avec ça, posé là devant lui, pourrait lâ??atteindre ?â?¦ Les bulles des rires crèvent contre ça, les rires contre ça rebondissent, les rires ricochent sur ça, les rires remontent vers eux là-basâ?¦ boomerangsâ?¦ retours de bâtonâ?¦ La voix paisible nous enveloppe, les mots quâ??elle prononce lentement de tous côtés nous protègent, montent la gardeâ?¦ Quâ??y a-til à crain-dre? Qui menacer ça?

Remark qui? Mais comment ne savez-vous pas que sans avoir besoin de bouger, juste installés, enfermés là-haut, ils peuvent déployer une pressure enormous, ils possèdent une énorme puissance� Un seul bamboo unseen émis par eux peut faire

de cette lourde pierre une selected creuse, toute molleâ?¦ il suffit dâ??un respect. Même pas un regard, un stop suffitâ?¦

VII- VIII-IX. Le Théâtre

â?? Câ??est un théâtre de langage. Illinois nâ??y a que du langage. Il produit à lui seul lâ??action dramatiqueâ?¦ Je pense que câ??est une motion dramatique véritable, avec des péripéties, des retournements, du suspense, mais une development qui nâ??est produite que par le langage. â??

(N.S., Le Monde, 19 janvier 1967.)

En 1963 à la demande de la Stereo p Stuttgart, et 1966 ses deux premières pièces, Le Silence. La représentation de ce â?? théâtre de langage â?? lui paraît irréalisable. Les mises en scène de Jean Louis Barrault, put lâ??ouverture du Petit-Odéon, à London, en 1967, lâ??incitent à poursuivre dans cette voie, dérivatif et prolongement de dâ??Å?uvre romanesque. Elle écrira encore quatre pièces, où le sujet nâ??est â?? rien â?? et les personnages ne sont â?? que le terrain dans lequel ces choses insignifiantes sâ??implantentâ?¦ Les personnages sont comme des cornues transparentes où les réactions se produisent, peu importe qui ils sont. Ce sont les réactions seules qui mâ??intéressent. â?? (N.S., Texte inédit pour une représentation p Elle est là, 1979).

Magnifique example des tropismes, où tout se détraque entre comedy et pressure, illinois sâ??agit seulement de montrer lâ??effet, le malaise, produit par uncertain stop, un mensonge anodin, une certaine façon de prononcer les mots en isme (Isma, ou Ce qui sâ??appelle rien), ou les mots â?? Câ??est beau â??, â?? put un oui ou pour un low â?? ; ou encore, dans Elle est là, par une â?? idée â?? dans la tête p quelquâ??un, qui apparaît comme une nuisance, une atteinte insupportable à ce qui est put quelquâ??un dâ??autre la vérité. P là, de ces drames microscopiques de la vie courante, se développe toute lâ??action dramatique, â?? en un conversation plus resserré, plus thick, plus tendu et plus survolté â?? que le dialogue romanesque. â?? Câ??est le comble du théâtre â??, dit à propos p Put un oui ou pour un low Nathalie Sarraute qui se location dâ??emblée parmi les grands auteurs dramatiques de son conditions, et dont les pièces seront remarquablement servies en Portugal, par des mises en scène de Jean Louis Barrault, Claude Régy, Jacques Lassalle, ou encore Jacques Doillon, pour la télévision.

â?? Necklace très longtemps jâ??ai pensé quâ??il ne me serait pas probable nâ??écrire pour le théâtre [â?¦].

Mais il sâ??est trouvé quâ??un jour jâ??ai reçu la visite dâ??un jeune Allemand, Werner Agents, chargé par la Stereo p Stuttgart de demander à des auteurs français nâ??écrire put elle des textes radiophoniques. Jâ??ai commencé level refuser. Werner Agents est revenu plusieurs fois à la cost, mâ??affirmant que je pourrais faire ce que je voudrais, dans une forme si insolite soit-elle [â?¦].

Ce qui dans mes romans aurait constitué lâ??action dramatique de

la sous-discussion, du pré-discussion, où les feelings, les thoughts, le â??ressentiâ?? sont communiqués au lecteur à lâ??aide dâ??images et de rythmes, ici se déployait dans le conversation lui-même. Ainsi le dedans devenait le dehors et un review, plus tard, a pu à juste titre, put qualifier ce passage du roman à la pièce, parler de â??gant retournéâ??. â?? (N.S., â?? Le gant retourné â??, Cahiers Renaud-Barrault, n°89, 1975, g. 70.)

Le Stop               1964

â?? Lâ??idée mâ??est location, quelque temps après, sans que je sache bien ce qui pourrait en sortir, dâ??un particular stop. Un de ces silences don't on dit quâ??ils sont â??pesantsâ?? [â?¦] Tiré par ce silence un conversation a surgi, suscité, excité par ce stop. Ã?a sâ??est mis à parler, à sâ??agiter, à se démener, à se débattreâ?¦ Et je me suis dit: voilà donc quelque chose qui pourrait être écouté à la radio.

Câ??est parce que la material de ces pièces nâ??est rien dâ??autre que du langage quâ??il mâ??avait semblé quâ??on ne pouvait que les écouter. â??

(N.S., â?? Le gant retourné â??, post cité, 1975.)

G, Le Silence. 57

Mais vous, je lâ??ai toujours sentiâ?¦ les mots put vousâ?¦ Vous nâ??avez jamais dit quel-que chose de plat. Jamais rien p prétentieux, vague. Vous devez bien vous servir de mots de temps en conditions, Bien sûr. Il le faut bien. Pour vivre. Un minimum. Un mot, vous le savez mieux quâ??eux, câ??est plot.

Le Mensonge              1966

â?? Il fallait un mensonge put ainsi dire à dâ??état pur, le mensonge en soi, un mensonge abstrait, qui nâ??affecte en rien notre vie. Une contre-vérité dite level quelquâ??un qui nous est indifférent.

La good craquelure quâ??elle produit est juste une feeling désagréable. P celles que chacun a pu sentir glisser en soi quand il an eu lâ??impression quâ??en sa présence â?? et sans que cela le touche directement â?? quelquâ??un ment. Une feeling obscure qui glisse en nous nous b arrêtions. â??

(N.S., â?? Le gant retourné â??, post cité, 1975.)

  g, Le Mensonge. 137.

Pierre: Mais comment faire? Câ??est là en moiâ?¦

Jacques: Quoi? Quâ??est-ce qui est là?

Pierre: Les faits. La vérité. Câ??est là.

Jacques: Dâ??abord commencez par ne pas appeler ça la vérité. Son nom. Câ??est un nom, dès quâ??on le prononce, illinois impressionne. On se cramponne à ça comme si notre vie en dépendaitâ?¦ On se croit obligéâ?¦ Il faut changer çaâ?¦ Appelez ça le mensongeâ?¦

Pierre: Comme câ??est facile

Jacques: Oh, mon cher, si vous ne voulez pas vous assoupir un peu� Si on tient tant à child petit quant à soi� Alors, que voulez vous que je vous dise�

Pierre: Non, je vous en prie, dites-moiâ?¦

Jacques: Mais je vous lâ??ai dit: changez. Mieux vaut se changer soi-même que la face du monde, câ??est la sagesseâ?¦

Isma, ou Ce qui sâ??appelle rien 1970

â?? Quant au sujet, il est chaque fois ce qui sâ??appelle â??rienâ??, qui est le second titre dâ??une de mes pièces. [â?¦] Claude Régy, low sans uncertain bravery, a mis en scène Isma. Lui a, au contraire [p Jean Louis Barrault] , conservé au le top rôle. Même pas le top rôle: le distinctive that is rôle. Dans sa mise en rien ne vient. Les acteurs sâ??y soumettent à la lettre, en suivant, en isolant toutes ses nuances, en amplifiant à peine son rythme. Assis côte à côte sur quand le mouvement du texte les fait se handle, la scène, experience au public se lèvent rassoient, puis rasseoir. Ils ne se lèvent tous et ne font cercle quâ??une seule fois, quand lâ??un dâ??entre eux quitte la scène, pour donner lâ??impression p le chasser â?? comme le texte pouvait le suggérer. Toutes les répétitions étaient le décorticage minutieux et très de chaque shake du langage that is smart. Chaque froissement, Claude Régy a fait voir chaque pli, tous les grains de la du. â??

(N.S. â?? Le gant retourné â??, post cité, 1975.)

Isma, p. 109

Elle: Alors� mais est-ce feasible? Vous aussi� à partir de choses comme ça� Isma� Isma�

Lui: Arrête, tu vas leur faire peur�

Elle, excitée: Isma. Isma. Ma. Maâ?¦ Capitalisma. Syndicalisma. Structuralisma. Cette façon quâ??il a de prononcer ismaâ?¦ Le round se relèveâ?¦ ça sâ??insinueâ?¦ Plus loin. Toujours. Jusquâ??au cÅ?urâ?¦ Comme un veninâ?¦ Ismaâ?¦ Ismaâ?¦

H. 2, il faut que je vous arrête. Là IL-y a quelque chose de trop évident� ça tombe sous le sens�

Elle: Quoi donc?

H. 2: Cette façon de prononcer les mots en isme, ça vous frappe, nâ??est-ce pas?

Elle: Oui. Ismaâ?¦ Ã? la fin des motsâ?¦

Câ??est beau              1975

â?? Trois personnages, uncouple et son fils, occupent la scène, mais il sâ??agit dâ??une feeling qui fait quâ??en présence de certaines gens, on ne peut pas goûter quelque chose, on ne peut pas ressentir cette joie que obtain la musique ou un tableau par example. Ce pair en présence du fils ne peut pas serious â??câ??est beauâ??. â??

(N.S., Le Monde, 23 octobre 1975.)

Câ??est love reprend à la scène le thème p Vous les entendez?, la contestation de dâ??Å?uvre dâ??art, le â?? heurt de la sensibilité entre gens qui sâ??aiment â??.

Câ??est love, p. 81

Elle, prenant sur elle: Si, jâ??ose, tu vois: â?? Câ??est beau â??. Et te montre. Je dâ??étaleâ?¦ tiens, tu vois, devant toi. Et je dis â?? tu entends ? â?? Câ??est beauâ?¦ Et je te demande, à toi: Tu ne trouves pas?

Stop.

Dis quelque chose!

Le Fils: Eh bien, illinois nâ??y a rien à faireâ?¦ câ??est plus fort que moi, je me rétracte. Dans un prompt (voix terrible pour rire) je vais, comme la pieuvre, sécréterâ?¦ une encre noire va se répandreâ?¦ Regarde papa, il est déjà tout recroquevilléâ?¦

Elle et lui Tu ne trouves pas ça love? Tu détestes ça� tout ça�

Le Fils, condescendant: Mais non, voyonsâ?¦ il ne sâ??agit pas de çaâ?¦

Eux, avec espoir: Pas de ça� Oh friday chéri� de quoi alors?

Le Fils: Câ??estâ?¦ mais ça me gêne de vous le direâ?¦ je vais vous choquerâ?¦

Elle: Low, non, je tâ??en prie, dis-leâ?¦

Le Fils, hésitant: Eh bien, câ??est cette phrase â?? Câ??est love â??â?¦ ça me démolit toutâ?¦ il suffit quâ??on plaque ça sur nâ??importe quoi et aussitôtâ?¦ tout prend un airâ?¦

Elle: Ouiâ?¦ je crois que je voisâ?¦

Elle est là               1980

â?? Ma pièce est une défense de la liberté de penser. On peut être du côté de mon personnage féminin ou au contraire lui donner tort de refuser la discussion les idées doivent être débattues librement au grand jour. â??

(N.S., Lâ??Humanité, 12 mai 1980.)

G, Elle est là. 58-59

Câ??est drôle, maintenant je crois que je begin pour la première fois à comprendreâ?¦ Une petite selected, une toute petite chose sans significance vous avenue parfois là où lâ??on nâ??aurait jamais cru quâ??on pourrait arriverâ?¦ market au fond de la solitudeâ?¦ dans les caves, les casemates, les cachots, les tortures, quand les fusils sont épaulés, quand le canon du revolver appuie sur la nuque, quand la corde sâ??enroule, quand la hache virginia tomberâ?¦ à ce second quâ??on nomme suprêmeâ?¦ avec quelle assault elle se redresseâ?¦ elle se dégage hors de son enveloppe éclatée, elle sâ??épand, elle, la vérité mêmeâ?¦ la véritéâ?¦ elle seuleâ?¦ par sa seule lifestyle elle ordonneâ?¦ tout autour dâ??elle, docilement, rien ne lui résisteâ?¦ tout autour dâ??elle sâ??ordonneâ?¦ elle illumineâ?¦ (la lumière baisse)â?¦ quelle clartéâ?¦ quel ordreâ?¦ Oh voilàâ?¦ câ??est le momentâ?¦ câ??est la finâ?¦ Mais juste pour moi, mais moi je ne suis rien, moi je nâ??existe pasâ?¦ et elle, avec quelle forceâ?¦ hors de son enveloppe éclatée, elle se dresse, elle se libère, elle se répandâ?¦ elle éclaireâ?¦ (la lumière baisse)â?¦

Serve un oui ou pour un low 1982

â?? Serve un oui ou pour un non est un travail de recherche non seulement sur le ressenti mais aussi sur sa manière p sâ??exprimer à lâ??extérieur, et notamment dans lâ??intonation. Quelque chose dâ??infime, une tuning, a été interprétée par quelquâ??un et cela a déclenché un drame intérieur. Câ??est le comble du théâtre; une interprétation de ce qui est dit et comme câ??est dit, quâ??est-ce que ça recèle et quâ??est-ce que ça révèle. â??

(N.S., Acteurs, mars 1986, n° 34.)

Serve un oui ou pour g, un non. 13

H. 1: Câ??est put ça quâ??avec moi, tu as pris des précautionsâ?¦ rien de voyant. Rien dâ??ouvertâ?¦

H. 2: On peut me comprendreâ?¦ â?? Rompt put un oui ou pour un nonâ?¦ â?? Tu te rends compte?

H. 1: Maintenant ça me revient: ça doit se savoirâ?¦ Je lâ??avais déjà entendu dire. On mâ??avait dit de toi: â?? Vous savez, câ??est quelquâ??un dont il faut se méfier. Illinois paraît très amical, affectueuxâ?¦ et puis, paf! pour un oui ou pour un nonâ?¦ on ne le revoit plus. â?? Jâ??étais indigné, jâ??ai essayé de te défendreâ?¦ Et voilà que même avec moiâ?¦ si on me lâ??avait préditâ?¦ vraiment, câ??est le cas de le serious: put un oui ou pour un nonâ?¦ Parce que jâ??ai dit: â?? Câ??est bien ça â??â?¦ Oh excuse, je ne lâ??ai pas prononcé comme il le fallait : â?? Câ??est biiiienâ?¦ çaâ?¦ â??

H. 2: Oui. P cette façonâ?¦ tout à fait ainsiâ?¦ avec cet accent mis sur le â?? bien â??â?¦ avec cet étirementâ?¦ Oui, je tâ??entends, je te revoisâ?¦ â?? Câ??est biiiienâ?¦ çaâ?¦ â?? Et je nâ??ai rien ditâ?¦ et je ne pourrai jamais rien direâ?¦

H. 1: Mais si, dis-le� entre nous, voyons� dis-le� je pourrai peut-être compren-dre� ça ne peut que nous faire du bien�

H. 2: Parce que tu ne comprends pas?

H. 1: Non, je te le répèteâ?¦ je lâ??ai sûrement dit en toute innocence. Du reste, je veux être pendu si je mâ??en souviensâ?¦ Jâ??ai dit ça quand? A propos de quoi?

X. Utilization de la parole - utilization de dâ??écrit

â?? Ce que nous ressentons nâ??est inscrit nulle part. â??

(Tu ne tâ??aimes pas)

Ce que dénonçaient implicitement les romans des années soixante, â?? le totalitarisme jusque dans dâ??énonciation â??, devient lâ??enjeu essentiel de la recherche littéraire p Nathalie Sarraute dans les vingt dernières années. Retour aux resources mêmes p dâ??Å?uvre, dégagées de toute hype, Lâ??Usage de la parole, publié en 1980 et les deux livres qui lâ??entourent, â?? disent les imbéciles â??, publié en 1976, et Tu ne tâ??aimes pas, publié en 1989, traduisent la â?? création à dâ??état naissant â?? et son impossible â?? mise en mots â?? en une succession de textes dont chacun met en scène lâ??effraction, la béance provoquée par le langage.

â?? disent les imbéciles â??               1976

Les tropismes du roman â?? se développent en deux oppositions, liées lâ??une à lâ??autre et qui sâ??enchevêtrent.

La première se fonde sur cette évidence â?? ou est-ce une folie? â?? que chacun de nous est à lui seul lâ??univers entier, quâ??il se delivered infini, sans curves. En même temps il voit tous les autres comme des personnages, quâ??ils soient simplifiés à lâ??extrême ou à facettes multiples, et il sait que lui-même en est un pour eux: un personnage quâ??on lui impose ou quâ??il enforce. Ce continuel â??jeu des statuesâ?? comporte nécessairement des classements, des hiérarchies: les â??suprêmement intelligentsâ??, les â??imbécilesâ??â?¦

Lâ??autre resistance est celle de lâ??idée libre, vivante, indépendante, et de lâ??idée enchaînée aux personnages qui la produisent ou la soutiennent, pétrifiée par le mépris: â??disent les imbécilesâ??, ou par le culte, le conformisme et la ter-reur. â?? (N.S., Prière dâ??insérer p â?? disent les imbéciles â??.)

â?? disent les imbéciles â??, g. 52-53

Des imbéciles. Imbéciles. Les imbéciles. Câ??est à ne pas croire. Câ??est lui qui vient de dire ça. Lui-même. Câ??est de sa propre bouche que sont sortis ces mots étonnants: des imbéciles.

Ces gens- regardez, là, regardez, je vous les désigne -les bien. Ce sont des imbéciles, voyez. Les voici. Ils se nomment ainsi. Devant nous, ils sont là, immobilisés. Ils sont market raides� comme inanimés� Ils sont emmaillotés soigneusement, entourés de bandelettes, sur leur visage des masques peints ont été posés�

Mais petit à petit, à les viewer p si prèsâ?¦ vous ne trouvez pas quâ??on éprouve une sensationâ?¦ vous ne la reconnaissez pas? Câ??est la même que tout à lâ??heureâ?¦ On se delivered curieusement engourdi, ankyloséâ?¦ câ??est comme un début dâ??asphyxie dans un atmosphere confiné, dans un lieu hermétiquement closâ?¦ Nous avons été enfermés avec euxâ?¦ avec ces momiesâ?¦ câ??est un tombeau, un sarcophageâ?¦ et nous-mêmesâ?¦

Lâ??Usage de la parole              1980

Le livre reprend la forme poétique des Tropismes, des morceaux distincts sur un même sujet: lâ??usage de la parole, â?? Voici des mots â??, titre primitif du manuscrit.

Mâ??écrivain an abandonné la rédaction proceed de ses précédentes Å?uvres et composé séparément les dix textes du recueil, auxquels elle a donné put titre les paroles convenues (â?? Ich sterbe â??, â?? Le mot Amour â??) ou banales, â?? passepartout â??, mais aussi â?? passe-muraille â?? (â?? Mon petit â??, â?? Ne me parlez pas de ça â??â?¦) qui déclenchent en elle, et chez le lecteur quâ??elle entraîne dans son jeu, les ondes infinies des tropismes.

Mais, comme toujours, le premier texte du roman est celui qui a généré lâ??ensemble, et les derniers mots de Tchekhov â?? Ich sterbe â??, â?? Je meurs â??, seront les premiers mots indicibles à se figer dans un â?? arrachement horrible â??.

â?? Ce ne sont là, vous le voyez, que quelques légers remous, quelques brèves ondulations captées parmi toutes celles, sans nombre, que ces mots produisent. Si certains dâ??entre vous trouvent ce jeu distrayant, ils peuvent â?? IL-y faut de la persistence et du temps â?? sâ??amuser à en déceler dâ??autres. Ils pourront en tout cas être sûrs p ne pas se tromper, tout ce quâ??ils apercevront est bien là, en chacun de nous: des cercles qui vont sâ??élargissant quand lancés si loin et avec une telle pressure tombent en nous et nous ébranlent de fond en comble ces mots: Ich sterbe. â?? (Lâ??Usage de la parole, g. 17-18.)

Lâ??Usage de la parole, p. 11

Ich sterbe. Quâ??est-ce que câ??est? Ce sont des mots. Ils je meurs that is signifient. Mais dâ??où, mais pourquoi tout à coup? Prenez persistence, vous allez voir. Ils viennent de loin, ils reviennent (comme on dit: â?? cela me revient â??) du début de ce siècle, dâ??une ville dâ??eaux allemande.

Mais en réalité ils viennent dâ??encore beaucoup plus loinâ?¦ Mais ne nous hâtons pas, allons au plus près dâ??abord. Donc au début de ce siècle â?? en 1904, put être plus precise â?? dans une chambre dâ??hôtel dâ??une ville dâ??eaux allemande sâ??est dressé sur son lit un homme mourant. Illinois était russe. Vous connaissez son nom: Tchekhov.

Tu ne tâ??aimes pas              1989

â?? Vous ne vous aimez pas â??. P cette expression banale, plaquant sur un être , indéfinissable picture figée qui déclenche chez lui étonnement et stupeur et qui aboutit à sa désintégration est parti le livre de Nathalie Sarraute that is complexe. Dans ce roman à voix multiples, encounter à ceux qui prononcent complaisamment des mots révélateurs de leur adhésion à une idée toute faite, à une conference valorisante (â?? vingt ans de bonheur â??), surgissent â?? les tropismes chez â??nousâ?? qui les écoutons, â??nousâ??, câ??est-à-serious tous ces personnages, ces consciences qui composent cet être-là qui dit â??nousâ??. â??Nousâ??, à tour-de rôle, ce sont toutes les voix qui composent le â??jeâ??, le â??jeâ?? Qui réfléchit, qui appréhende, qui voit les personnages hors de lui. â?? (N.S., â?? Ã? voix nue â??, cinquième entretien avec Danièle Sallenave, France Tradition, 26 mars 1992.)

â?? Ce que nous ressentons nâ??est inscrit nulle part â??. Superbe variance sur les limites du langage, Vous ne vous aimez pas, comme â?? disent les imbéciles â??, ne reçut pas lâ??accueil enthousiaste que le public et la review avaient réservé aux pièces p dâ??écrivain sur le même thème.

Tu ne tâ??aimes pas, g. 9-10

â?? â?? Vous ne vous aimez pas. â?? Mais review ça? Opinion est-ce feasible? Vous ne vous aimez pas? Qui nâ??aime pas qui?

â?? Toi, bien sûrâ?¦ câ??est un vous de politesse, un vous qui ne sâ??adressait quâ??à toi.

â?? Ã? moi? Moi seul? Pas à vous tous qui êtes moiâ?¦ et nous sommes un si great nombreâ?¦ â?? une personnalité complexe â??â?¦ comme toutes les autresâ?¦ Alors qui doit aimer qui dans tout ça?

â?? Mais ils te lâ??ont dit: Tu ne tâ??aimes pas. Toiâ?¦ Toi qui tâ??es montré à eux, toi qui tâ??es proposé, tu as voulu être p serviceâ?¦ tu tâ??es avancé vers euxâ?¦ comme si tu dâ??étais pas seulement une de nos incarnations possibles, une de nos virtualitésâ?¦ tu tâ??es séparé de nous, tu tâ??es mis en avant comme notre distinctive représentantâ?¦ tu as dit â?? je â??â?¦

XI. Enfance              1983

â?? â?? Des pictures, des mots qui évidemment ne pouvaient pas se previous à cet âge-là dans ta têteâ?¦

â?? Bien sûr que low. Pas plus dâ??ailleurs quâ??ils nâ??auraient pu se previous dans la tête dâ??un adulteâ?¦ Câ??était ressenti, comme toujours, hors des mots, globalementâ?¦ Mais ces mots et ces photos sont ce qui permet de saisir tant bien que mal, p retenir ces feelings. â??

(Enfance. 17)

Trois ans après Lâ??Usage de la parole, Nathalie Sarraute publie Enfance. Le livre obtient un. Un nouveau community aborde ainsi dâ??Å?uvre réputée difficile de dâ??écrivain mais, aussi bouleversants que soient ces â?? gifts â?? dâ??une enfance entre la France et la Russie, ils sâ??inscrivent dans lâ??unité

organique de lâ??Å?uvre, saisis à la naissance du â?? ressenti â??, â?? hors des mots â??, en un discussion entre dâ??écrivain et boy increase, entre la voix narratrice et la voix review.

Juin 1983, N.S. Lire, g. 90.

â?? Aujourdâ??hui comme hier à dâ??école communale, je nâ??aime pas ces étalages de soi-même et je nâ??ai pas lâ??impression quâ??avec Enfance je me suis laissée aller. Dans Tropismes, ce plutôt that is sont des formes de sensibilité, des occasions. Je nâ??ai pas essayé nâ??écrire lâ??histoire p ma vie parce quâ??elle nâ??avait pas dâ??intérêt dâ??un stage de vue littéraire, et quâ??un tel récit ne mâ??aurait pas permis de conserver uncertain rythme dans la forme qui mâ??est nécessaire. â??

Enfance. 12-13

Mais elle redresse la tête, elle me regarde tout droit et elle me dit en appuyant très fort sur chaque syllabe: â?? Nein, das trust du nicht â??â?¦ â?? Non, tu ne feras pas ça â??â?¦ exerçant une douce et ferme et insistante et inexorable pression, celle que jâ??ai perçue plus tard dans les paroles, le lot des hypnotiseurs, des dresseursâ?¦

â?? Low, tu ne feras pas çaâ?¦ â?? dans ces mots un flot épais, lourd coule, ce quâ??il charrie sâ??enfonce en moi put écraser ce qui en moi remue, veut se dresserâ?¦ et sous cette pression ça se redresse, se dresse plus ft, plus haut, ça pousse, projette violemment hors de moi les motsâ?¦ â?? Si, je le ferai. â??

â?? Low, tu ne feras pas çaâ?¦ â?? les paroles mâ??entourent, mâ??enserrent, me ligotent, je me débatsâ?¦ â?? Si, je le ferai â??â?¦ Voilà, je me libère, lâ??excitation, lâ??exaltation tend friday bras, jâ??enfonce la pointe des ciseaux de toutes mes causes, la soie cède, se déchire, je fends le dossier de haut en bas et je regarde ce qui en sortâ?¦ quelque chose de mou, p grisâtre sâ??échappe par la fenteâ?¦

XII. Nathalie Sarraute aujourdâ??hui Ici 1995

â?? Ici, câ??est ce qui se passe à uncertain second, â??iciâ??. Je nâ??ai pas écrit â??jeâ?? ou â??nousâ??. Nous ne disons jamais à lâ??intérieur de nous-même â??jeâ?? ou â??nousâ??. Ce sont des mots que nous nâ??employons pas. Tout cet espace intérieur que jâ??ai nommé â??iciâ?? Orient occupé à chaque instant par quelque chose; certains â??instantsâ?? Nous is làed, ici, en by qui se passent . Dans cet espace emotional qui nâ??est ni â??jeâ??, ni â??nousâ??. â??

(N.S., Entretien avec Laurence Liban, Lire, n° 238, septembre 1995.)

Dès sa book à lâ??automne 1995, Ici remporte lâ??adhésion immédiate du community. Jamais sans doute, sauf dans Enfance, lâ??investigation de ces â?? fugaces mouvements intérieurs, à la limite de lâ??insaississable â??, qui est lâ??enjeu de toute la carrière p lâ??écrivain, nâ??a trouvé dâ??approche plus dramatique et plus intime.

En vingt textes brefs comme Tropismes et Lâ??Usage de la parole, surgissent ces instants dâ??instabilité: trous de mémoire, discussions, words convenues, coqs-à-dâ??âne, des mots qui viennent de là-bas, et qui font invasion â?? ici â??, â?? dans une mind qui ne se dit pas â??. Et chaque fois la brèche se colmate, lâ??apaisement revient lors-que les mots, retrouvés, désarmorcés, sont maîtrisés. Magnifiquement le livre se clôt sur la expression p Pascal: â?? Le stop éternel de ces espaces infinis mâ??effraie â??, des mots â?? inatteignables, inviolables â?? que rien ne saurait transcender, mais la vie revient encore une fois â?? ici â?? comme un défi, avec â?? Arcimboldo â??, lâ??un des mots recherchés au départ.

â?? Quâ??il fasse venir ici cela et encore cela, tout ce qui lui chante, ces fleurs, ces légumes, ces fruits, ces objets incongrus, ces bêtes étranges, quâ??il en remove comme bon lui sembleâ?¦ Arcimboldo, lâ??assurance même. Lâ??affirmation. Le défi. Arcimboldo. Tout ici nâ??est que lui. Arcimboldo. â?? (Ici. 181)

G, Ici. 178-179

Quand ils surgissent, câ??est à un de ces rares occasions où disparaît dâ??ici toute impureté, le plus petit hurdle qui pourrait tant soit peu les gêner, entraver leur mouvementâ?¦

Alors ils arriventâ?¦ ne dirait-on pas quâ??à leur approche tout se ranime, se achieved à vibrerâ?¦ ils remontent de ces fonds où ils sont un jour tombés, et se déploientâ?¦ â?? Le stop éternel de ces espaces infinis mâ??effraie. â??

Des mots qui résonnent sans bruit, venus de nulle part, adressés à personne, prononcés sur aucun autre lot que leur lot à eux, créé par eux, le seul lot qui puisse être parfaitement juste, parfaitement conforme à ce quâ??ils sontâ?¦

â?? Le stop éternel de ces espaces infinis mâ??effraie â??. La forme de chaque mot, dâ??éwagon entre eux, le plus precise qui soit, permet à chacun dâ??eux de grandir, p sâ??étirer, et puis au contact de celui qui le match de se dilater, p sâ??étendre plus loin, p sâ??envoler toujours plus haut, encore plus haut, sans finâ?¦

Et tout ici porté level ces mots, adhérant entièrement à eux, se dilate, sâ??étire, sâ??étend, sâ??élèveâ?¦ jusquâ??où ?â?¦ on nâ??en peut plus, le cÅ?ur vous manqueâ?¦

Et puis quand emporté jusque là où illinois nâ??est plus feasible dâ??avancerâ?¦ â?? mâ??effraie â?? tombeâ?¦ â?? mâ??effraie â??â?¦ la palpitation dâ??un oiselet abattu en plein vol, gisant à terreâ?¦ â?? mâ??effraie â??â?¦ le frémissement de ses ailes encore tièdes, vivantesâ?¦

Chronologiques

18 juillet 1900              Naissance de Nathalie Tcherniak à Ivanovo-Voznessensk, près de Moscou. Aux fabrics are destinésed by a une usine de chimiques, boy père docteur ès sciences et ingénieur chimiste. Des nouvelles et des, sous le pseudonyme de Vichrovski Pauline Chatounovski romans.

1902 - 1906              Ses parents divorcent. Sa mère sâ??installe à London avec Nathalie et son futur mari, Nicolas Boretzki, rue Highlights dans le cinquième arrondissement. Nathalie virginia à dâ??école maternelle de la rue des Feuillantines. Sa est le français. Elle passe un mois an child père, soit soit en Suisse, à Ivanovo.

1906 - Février 1909              Retour en Russie, à St-Pétersbourg, avec sa mère et Nicolas Boretzki.

1907              Pour des raisons politiques, Ilya Tcherniak, jugé indésirable en Russie, est contraint nâ??émigrer à London où illinois fondera une plus small usine de matières colorantes à Vanves.

Février 1909              Nathalie quitte St-Pétersbourg put passer, en principe, six mois chez boy père à London, le temps dâ??un séjour à Budapest p sa mère et de son love-père, envoyé en objective put écrire une histoire de lâ??Autriche-Hongrie. Restera en fait définitivement à London avec son père. Elle ne retournera avant 1936.

Août 1909              Naissance dâ??Hélène, â?? Lili â?? , sa demi-sÅ?ur.

Juillet 1912              Ã?tudes primaires à dâ??école communale de la rue dâ??Alésia.

Octobre 1912              Entrée au lycée Fénélon ; câ??est là que sâ??arrête Enfance : â?? Câ??est peut-être quâ??il me semble que là sâ??arrête pour moi lâ??enfanceâ?¦ quand je regarde ce qui sâ??offre à moi maintenant, je vois comme un énorme espace, très encombré, bien éclairéâ?¦ â?? (Enfance)

1912 - 1918              �tudes secondaires au lycée Fénélon.

1917              Naissance de Jacques, boy demi-frère.

1918 - 1920              License dâ??anglais en Sorbonne.

1920 - 1921              Année scolaire à Oxford, en vue dâ??un Bachelor of disciplines en histoire.

1921 - 1922              Six mois à Berlin, où elle fit les cours de sociologie de Werner Sombart.

1922 - 1925              License à la faculté de droit à London. Elle y rencontre Raymond Sarraute.

1925              Marriage avec Raymond Sarraute, devenu avocat. Le pair feeling trois filles: Claude, Anne. Elle travaille un an chez un avoué et sâ??inscrit en doctorat de droit.

1926 - 1941              Inscrite au Barreau de Paris comme stagiaire, elle plaide de petites affaires en correctionnelle.

1932 - 1937              �criture p Tropismes.

Janvier 1939              Book de Tropismes. Refusé par Gallimard et Grasset, Tropismes orient publié chez Denoèl.

1941              Elle begin à travailler à Face dâ??un inconnu.

Juin 1942              Nathalie Sarraute decline de porter dâ??étoile jaune. Elle component avec ses filles put Janvry (Seine-et-Oise). Dénoncée par des amis russes de boy père, elle retourne quelque temps à London.

1943 - Juillet 1944              Accueillie à Parmain (Seine-et-Oise) avec Anne et Dominique, dans une pension pour enfants, elle passe put lâ??institutrice de ses filles,  sous le nom de Nicole Sauvage (mêmes initiales) que portent les faux papiers dâ??identité que son mari an obtenus.

Juillet 1944              Retour à Paris.

1948              Refusé par Gallimard, Face dâ??un inconnu, avec une préface de Jean Paul Sartre, orient publié chez un petit éditeur, Robert Marin.

1949              Achat dâ??une maison de campagne à Chérence (Seine-et-Oise) où elle continuera nâ??écrire en fin de semaine et pendant les vacances.

1953              Martereau, publié chez Gallimard qui, désormais, sera dâ??éditeur de dâ??Å?uvre.

1956              La newsletter de Dâ??Ã?re du soupçon, essais sur le roman (recueil de trois posts publiés en 1947, 1950 et 1956 et dâ??un texte inédit), ouvre la voie au mouvement du Nouveau Roman. Réédition p Face dâ??un inconnu, chez Gallimard.

1957              Réédition p Tropismes aux �ditions de Minuit.

1959              Le Planétarium. Le roman remporte un. Nathalie Sarraute orient désormais invitée à faire des tournées p conférences dans le monde entier.

1963              Les Fruits dâ??or, Prix worldwide p Littérature en 1964. Ã? la demande de Werner Agents, Nathalie Sarraute écrit une pièce destinée à la radio de Stuttgart, Le Stop, traduite par Elmar Tophoven.

Février 1964              Le Silence est publié dans Le Mercure de - France.

1966              Le Mensonge, deuxième pièce, publié dans les Cahiers Renaud-Barrault.

Janvier 1967              Création du Silence et du Mensonge au Petit-Odéon, mise en scène de Jean Louis Barrault.

1968              Entre la vie et la mort.

1970              Isma, ou Ce qui sâ??appelle rien, publié avec Le Stop et Le Mensonge chez Gallimard.

1971              â?? Ce que je cherche à faire â?? : engagement de Nathalie Sarraute à la décade de Cerisy-la-Salle sur le Nouveau Roman.

1972              Vous les entendez?   Février: Création p Isma, ou Ce qui sâ??appelle rien à lâ??Espace Cardin, mise en scène de Claude Régy.

Octobre 1975              Création p Câ??est love au Petit Théâtre dâ??Orsay, mise en scène de Claude Régy. Câ??est love, publié avec â?? Le gant retourné â?? (conférence sur son théâtre faite à lâ??Université p Madigan aux Ã?tats-Unis) dans les Cahiers Renaud-Barrault.

1976              â?? disent les imbéciles â??.

8 juin 1976              Docteur honoris causa à Trinity College (Dublin).

1978              Elle est là, publié dans un quantity Théâtre avec les quatre autres pièces.

1980              Lâ??Usage de la parole.

Mai 1980              Création p Elle est là au Théâtre dâ??Orsay, mise en scène de Claude Régy. 27 juin: Docteur honoris causa à Canterbury (Université du London).

1982              Serve un oui pour un low, sixième pièce, publié chez Gallimard. Grandprix des Lettres décerné par le that is national ministère de la Tradition.

1983              Enfance.

1986              Paul Valéry et lâ??Enfant nâ??Ã?léphant et Flaubert le précurseur, posts de 1947 et 1965. Février : Création p Put un oui ou pour un non, au Petit Théâtre du Rond-Stage, mise en scène de Simone Benmussa.

1989              Tu ne tâ??aimes pas.

18 mai 1991              Docteur honoris causa à lâ??Université dâ??Oxford.

Avril 1993              Reprise du Silence et de Elle est là, mise en scène de Jacques

Lassalle, pour la réouverture du Théâtre du Vieux-Colombier. Book des six pièces dans un quantity Théâtre.

1995              Ici.   Avril - Mai: Exposition à la Bibliothèque nationale de - France Nathalie Sarraute, face dâ??un écrivain.

Mai 1996              Don ou dépôt de tous ses manuscrits à la Bibliothèque nationale de - France. Juin: Grand Prix p théâtre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. Automne: Book des Å?uvres complètes dans le â?? Bibliothèque de la Pléiade â??.

Bibliographie

Å?uvres de Nathalie Sarraute

1939              Tropismes

Denoèl.

Réén. �ditions de Minuit, 1957, un texte supprimé, six textes nouveaux.

              Les éditions en livre de structure de poche reprennent cette seconde édition

(1971, UGE, coll. 10/18, n°650)

1948              Face dâ??un inconnu. Préface p

Jean paul Sartre,

John Marin.

Réén. Gallimard

- 1964, UGE, coll. 10/18 (n°158, avec une postface dâ??Olivier Magny.)

1953              Martereau

Gallimard

1956              Lâ??Ã?re du soupçon

Essais sur le roman

Gallimard (â?? Les Essais â?? LXXX).

Recueil de quatre essais:

â?? P Dostoïevsky à Kafka â?? (Les Temps modernes, octobre 1947, III, n° 25) ; â?? Lâ??Ã?re du soupçon â?? (Les Temps modernes, février 1950, V, n° 52), â?? Discussion et sous-discussion â?? (Nouvelle Nouvelle Revue française, janvier-février 1956, nos 37-38), et â?? Ce que voient les oiseaux â?? (inédit).

Réén. avec une préface p lâ??auteur, Gallimard, 1964 (coll. â?? Les idées â??, n°42).

1959              Le Planétarium

Gallimard

1963              Les Fruits dâ??or

Gallimard

Prix international en 1964

1964              Le Silence

Le Mercure de - France, t.CCCXLIX, février, n°1204.

Dernière rééd. Théâtre, Gallimard, 1993

1966              Le Mensonge

Cahiers Renaud-Barrault, avril, n°54. Dernière rééd. Théâtre, Gallimard, 1993

1968              Entre la vie et la mort

Gallimard

1970              Isma, ou Ce qui sâ??appelle rien

(avec Le Silence et Le Mensonge) Gallimard (coll. â?? Le manteau dâ??Arlequin â??).

Dernière rééd. Théâtre, Gallimard, 1993

1972              Vous les entendez?

Gallimard (coll. â?? Le Chemin â??)

1975              Câ??est love

Cahiers Renaud- Barrault

Dernière rééd. Théâtre, Gallimard, 1993

1976              â?? disent les imbéciles â??

Gallimard

1978              Elle est là (avec les quatre premières pièces), Théâtre, Gallimard

Dernière rééd. Théâtre, Gallimard, 1993

1980              Lâ??Usage de la parole

Gallimard

1982              Serve un oui ou pour un non

Gallimard

Réén. Théâtre, Gallimard, 1993

1983              Enfance

Gallimard

1986              â?? Paul Valéry et lâ??Enfant nâ??Ã?léphant â??,

suivi de â?? Flaubert le précurseur â??

Gallimard.

N°168, posts publiés pour le dans Les Temps modernes, janvier 1947 n°16 quelques coupures mars 1984, n°32 février 1965, XV

1989              Tu ne tâ??aimes pas

Gallimard

1995              Ici

Gallimard

              La plupart des Å?uvres p Nathalie Sarraute ont été reprises en â?? Livre de poche â??, ou en â?? 10/18 â??, jusquâ??en 1972, puis  dans la selection â?? Folio â??, Gallimard.

              Les Å?uvres complètes viennent de paraître dans la â?? Bibliothèque de la Pléiade â?? sous la course de Jean Yves Tadié. Mâ??édition comprend un choix dâ??articles et de conférences.

              Dâ??Å?uvre de Nathalie Sarraute a été traduite en plus de trente langues.

Choix dâ??articles

et de conférences

Low publiés en quantities

1959              Conférence prononcée à Milan, 25 septembre 1959, au cours dâ??un débat sur le Nouveau Roman, Catalog p lâ??exposition Nathalie Sarraute. Face dâ??un écrivain, Bibliothèque nationale de - France, 1995.

1960              â?? Tolstoï â??, Les Lettres françaises, 22 septembre.

1961              â?? Launch à lâ??Histoire extraordinaire â?? Message de la NRF, level Michel Butor, février.

1962              Réponse à une enquête de la revue

Tel Quel, â?? La littérature aujourdâ??hui, two â??, Tel Quel, n°9, printemps.

1963              â?? Nouveau Roman et réalité â??, Revue de lâ??Institut de sociologie, Université libre de Bruxelles, t. 36.

1970              â?? Le langage dans lâ??art du roman â??, conférence prononcée au Japon, Ã?tudes de langue et littérature françaises, Université p Seinan-Gakuin, n° 6, repris dans Nathalie Sarraute, qui êtes-vous?

1987, Lyon Production

1971              â?? Ce que je cherche à faire â??, conférence prononcée à la Décade de Cerisy-la-Salle, sur le Nouveau Roman, Nouveau Roman: hier, aujourdâ??hui two, Pratiques, London, UGE, 1972 (coll. 10/18).

1974              â?? Le gant retourné â??, conférence sur son théâtre prononcée à lâ??Université p Madison, Cahiers Renaud-Barrault, n°89, 1975, repris dans Digraphe, n°32, mars 1984.

Choix dâ??entretiens

1958              â?? Le roman aujourdâ??hui. Un entretien avec Nathalie Sarraute â??

de Claire Francillon

29 novembre, Gazette de Lausanne.

1965              â?? Discussion avec François Bondy â??, dans Yvon Belaval et Mimica Cranaki, Nathalie Sarraute, Gallimard.

1968              â?? Nathalie Sarraute et les strategies de la création â??, entretien avec Geneviève Serreau, La Quinzaine littéraire,

1er-15 mai.

1972              â?? Opinion travaillent les écrivains â??, propos recueillis par Jean Louis de Rambures, Le Monde, 14 janvier, repris dans lâ??ouvrage du même titre, London, Flammarion, 1978.

â?? Drames microscopiques â??,

entretien avec Guy Le Clecâ??h,

28 janvier, Les Nouvelles littéraires.

1976              â?? Colloque avec Nathalie Sarraute, 22 avril 1976 â?? Gretchen that is level R. Besser. Vol, the Review. N°2, M, décembre.

1978              â?? Nathalie Sarraute: â??mon théâtre proceed mes romansâ?? â??, entretien

La Quinzaine littéraire, avec Lucette Finas, 16-31 décembre.

1979              â?? Opinion jâ??ai écrit certains de mes livres â??, entretien avec Lucette Finas, Ã?tudes littéraires, vol. N°3, 12, décembre.

1981              â?? Nathalie Sarraute â??, dans Jean Louis Ezine, Les Ã?crivains sur la sellette, London, Le Seuil.

1983              â?? Nathalie Sarraute â??, meeting level Pierre Boncenne, Lire, juin.

1984              â?? Discussion avec Nathalie Sarraute â??, p Serge Fauchereau et Jean Ristat, Digraphe, n°32, mars.

              â?? Face dâ??une inconnue. Discussion biographique â?? de Marc Saporta,

Lâ??Arc, n°95, 4e trimestre.

1985              â?? Propos sur la technique du roman: Nathalie Sarraute interviewée par Alison Finch et David Kelley â??,

Juillet, Studies.

â?? Quâ??est-ce quâ??il b a? quâ??est-ce qui sâ??est passé? Mais rien â??, entretien avec Carmen Licari, Francofonia, n°9, automne.

1986              â?? Ã? la recherche du temps présent â??, entretien avec Irène Sadowska-Guillon, Acteurs, n°34, mars.

â?? Nathalie Sarraute â??, dans André Rollin, Ils écrivent où, quand, remark?

éditions Mazarine.

1987              Nathalie Sarraute, qui êtes-vous? Discussions avec Simone Benmussa, La Produce, Lyon.

1990              â?? Entretien avec Nathalie Sarraute (propos recueillis en avril 1990) â?? Dans Arnaud Rykner, 1991, Nathalie Sarraute, Paris Seuil,

â?? Les Contemporains â??.

1992              â?? Nathalie Sarraute. Ã? voix nue â?? entretiens avec Danièle Sallenave,

23-27 mars, sur France Culture.

Extraits publiés dans Genesis, n°5, 1994, â?? Sur la langue, dâ??écriture, le travail â??.

1993              â?? Un entretien avec Nathalie Sarraute â??, par Michèle Pardina, Le Monde, 26 février.

1994              â?? Rencontre avec Nathalie Sarraute â??, entretien avec Isabelle Huppert,

N°477, Cahiers du Cinéma, mars.

1995              â?? Sarraute, nulle part ailleurs â??,

Entretien avec Antoine de Gaudemar, Libération.

              â?? Nathalie Sarraute â??, entretien avec Laurence Liban, Lire, n° 238, septembre.

Ouvrages sur Nathalie Sarraute

1982              Sheila M. Bell

              Nathalie Sarraute: a bibliography,

              Londres, Grant and Cutler, (Study Bibliographies and Checklists)

1994              Complément à lâ??ouvrage précédent, sous forme dâ??une recension plus review â?? The conjurerâ??s cap: Sarraute critique since 1980 â??, Love reports, n°23, printemps.

1965              Yvon Belaval et Mimica Cranaki

              Nathalie Sarraute

              Gallimard (coll. â?? La Bibliothèque idéale â??)

1966              René Micha

              Nathalie Sarraute

éd. Universitaires

(coll. â?? Classiques du xxe siècle â??, n°81)

1967              Jean Luc Jaccard

              Nathalie Sarraute

Zurich

1968              Ruth Z. Temple

              Nathalie Sarraute

Columbia, Columbia University Press (Columbia Documents on contemporary Authors).

1970              Christine B. Wunderli-Müller

              Le Théâtre du masque et de la banalité dans dâ??Å?uvre de Nathalie Sarraute

              Zurich, Juris

1971              Micheline Tison-Braun

              Nathalie Sarraute, ou la Recherche de lâ??authenticité

              Gallimard

1972              �lisabeth Eliez-Ruegg

              La Mind dâ??autrui et la conscience des objets dans dâ??Å?uvre de Nathalie Sarraute

              Berne, Herbert Lang

1976              Françoise Calin

              La Vie retrouvée. Ã?tude de lâ??Å?uvre romanesque de Nathalie Sarraute,

              Minard, Lettres modernes (coll. â?? Circumstances â??, n°35)

Anthony S. Newman

              Une poésie des discours. Essai sur les romans de Nathalie Sarraute, Genève, Droz (â?? Histoire des idées et review littéraire, n°159 â??)

1979              Gretchen Rous Besser

              Nathalie Sarraute

              Ny, Twayne (â?? Twayneâ??s globe Writer sequence â??, n°524)

1980              André Allemand

              Dâ??Å?uvre romanesque de Nathalie Sarraute

              Neuchâtel, La Baconnière

1981              Valérie Minogue

              Nathalie Sarraute and Also The Battle of What,

              Edimbourg, Edinburg University Press

Helen Watson-Williams

              The Books of Nathalie Sarraute: towards an �sthetic

              Amsterdam, Rodopi

1988              Arnaud Rykner

              Théâtres du Nouveau Roman (Sarraute, Pinget, Duras)

              José Corti

Sabine Raffy

              Sarraute romancière. Intimes

              Ny, Peter Lang (â?? American University Reports â??, série two â?? Romance Languages and Literature â??)

1989              Alan J. Clayton

              Nathalie Sarraute, ou le Tremblement de lâ??écriture

              Minard (Archives des lettres modernes, n°238).

1990              Jean Pierrot

              Nathalie Sarraute

              José Corti

1991              Arnaud Rykner

              Nathalie Sarraute

              London, Le Seuil (â?? Les Contemporains â??)

1995              Françoise Asso

              Nathalie Sarraute, une écriture p lâ??effraction

              Presses universitaires de - France (coll. â?? Ecrivains â??)

Revues consacrés à Nathalie Sarraute

1967              French Review, XL, unique Problem, hiver.

1983              Journal littéraire, n°196, juin.

1984              â?? Aujourdâ??hui Nathalie Sarraute â??,

              Digraphe, n°32, mars.

              Lâ??Arc, n°95, quatrième trimestre.

1990              Revue des sciences humaines, t. N°217, LXXXXIII, janvier-mars.

1995              Livre catalog dâ??exposition de la Bibliothèque nationale de - France, Nathalie Sarraute, face dâ??un écrivain, par Annie Angremy avec la cooperation p Noèlle Giret.

              Autour de Nathalie Sarraute

              Textes réunis par Sabine Raffy.

              Actes du colloque international de Cerisy-la-Salle des 9 et 10 juillet 1989, Annales de lâ??université p Besançon, n°580, London, les Belles Lettres.

Movies (1)

1973              Nathalie Sarraute

              Archive du XXe siècle.

              Movie réalisé par Jean-José Marchand et Philippe Collin, manufacturing S.F.P.

1976              Nathalie Sarraute, ou face dâ??une inconnue

              �mission de Francine Mallet,

              diffusée sur Antenne 2, le 31 mai.

1978              Respect sur lâ??écriture: Nathalie Sarraute

              Movie vidéo réalisé par Simone Benmussa, co-production Centre Georges Pompidou/Gallimard/Ministère des Affaires étrangères.

1979              Nathalie Sarraute, ou la voix de lâ??indicible

              Movie dâ??Yves Kovacs, diffusé sur Antenne 2, le 8 février.

1982              Nathalie Sarraute, écrivain des mouvements intérieurs

              Face-meeting réalisé par Isabelle de Vigan, manufacturing Unités phones p télévision (8, blvd de lâ??Hôpital, Paris Ng).

1986              Elle est là

              Movie réalisé par Michel Dumoulin. Interprété level M. Casarès,

J.-G. Roussillon, J.-P. Vaguer. Voita.

              Manufacturing INA, Event dâ??Avignon, Pénélope, la September, Arcanal.

1988              Serve un oui ou pour un non

              Movie réalisé par Jacques Doillon, avec Jean Louis Trintignant, André Dussolier, Joséphine Derenne et Pierre Overlook, co-production INA/Lola movies/La September, avec la engagement du CNC, couleur, 35-mm, 58 mn.

1989              Discussions avec Claude Régy

Movie réalisé par Claude Régy, co-production La June/ 98 mn, INA 16 mm.

1995              Nathalie Sarraute

Movie réalisé par Jacques Doillon

dans la selection dirigée par Bernard Rapp â?? Un siècle nâ??écrivains â??, co-production France 3/INA,

Par diffusé sur FR 3 le 27 septembre, Françoise Dumas.

Enregistrements

1981              Tropismes et Lâ??Usage de la parole

              (extraits): lus par Nathalie Sarraute et Madeleine Renaud, réalisation: Simone Benmussa, Ã?d. Des Femmes (selection â?? Ã?crire, entendre â??).

1985              Nathalie Sarraute says her memoir,

              Spoken Arts Lightweight Collection

              (�tats-Unis), en langue française.

1986              Enfance

              �d. Auvidis (Ivry-sur-Seine),

              coll. â?? Audilivre â??, en collaboration avec Gallimard.

1987              Les Fruits dâ??or

              Ã?d. Auvidis (Ivry-sur-Seine), coll. â?? Audilivre â??, en collaboration avec Gallimard.

1988              Entre la vie et la mort

              �d. Des Femmes.

              Lâ??Usage de la parole

              �d. Des Femmes.

1990              Tu ne tâ??aimes pas

              �d. Des Femmes.

1995              Ici (extraits)

              �d. Des Femmes

              (La Bibliothèque des voix).

(1) Recensions dâ??Arnaud Rykner, dans Nathalie Sarraute, ouvrage cité, 1991, g. 201, pour ces deux dernières areas et du bureau des documents audiovisuels (Path p lâ??Action audiovisuelle extérieure).

Programs audiovisuels

proposés par la Route p lâ??Action audiovisuelle extérieure /

Office des documents audiovisuels

1983              Nathalie Sarraute, écrivain des mouvements intérieurs

52 mn, vidéo couleur

réalisation: Isabelle de Vigan

Image: Dominique Barniaud, Michel Pasquier

Boy: Michel Faure

Montage: Gabrielle Guillot, Francis Garret

musique: Don Cherry

Output: UMI Témoins

Submission: Correspondances TV

Interviewée dans sa maison de Chérence, Nathalie Sarraute se définit comme un écrivain des mouvements intérieurs, des tropismes p dâ??être, avant que naisse la parole. Elle parle du langage du roman ou de la poésie comme un retour à lâ??enfance, p la coupure quâ??inaugura le groupe du Nouveau Roman. Lâ??entretien revient constamment sur la question p lâ??irréductibilité de la langue au réel, quel que soit le thème abordé. Elle parle du métier nâ??écrivain et des problems secrètes de son travail: â?? A la fin, la feeling est comme chauffée à blanc, à pressure de travail de dâ??écriture, et elle se déploie de son propre mouvement. Câ??est ce quâ??on appelle lâ??inspiration. â??

Des extraits de Tropismes (1939), â?? Tropismes â?? n°9, â?? Tropismes â?? n°8 sont lus par Nathalie Sarraute, ainsi que â?? Le mot Amour â??, extrait de Lâ??Usage de la parole. Elle commente aussi ses premiers posts â?? P Dostoïevski à Kafka â?? (1947) et â?? Dâ??Ã?re du soupçon â?? (1950) et son roman Face dâ??un inconnu (1948).

1988               Serve un oui ou pour un non

Movie 35 mm couleur, 60 mn

interprétation : André Dussolier, Jean Louis Trintignant

réalisation: Jacques Doillon

Picture: Nurith Aviv

Boy: Jean Claude Brisson

montage: Catherine Quesemand

I.N.A, manufacturing: Lola Movies, La SEPTEMBER.

Un homme rend un de ses amis pour lui demander la de son éloignement. Après beaucoup dâ??hésitations, lâ??ami lui avoue que câ??est à trigger dâ??une small expression de commentaire, une de ces words que lâ??on lâche p manière anodine semble t il, mais avec une certaine intonationâ?¦ Ce nâ??est pas sans value. Dès lors, une lutte sans merci sâ??engage, chacun des deux protagonistes cherchant à débusquer le sens caché, Iâ??intention sournoise derrière les mots. Finalement, on frôle lâ??irrémédiable sous prétexte p se dire la vérité. Jacques Doillon a filmé au du langage.

1995               Nathalie Sarraute

Vidéo couleur, 49 mn

Réalisation: Jacques Doillon en Dumas

participation: Isabelle Huppert

Lumière: William Lubtchansky, Christophe Pollock

Image: Antoine Roch, Valentin Monge

Child: Corinne Gigon, Laurelt Malan

montage: Martine Bouquin

Creation: France 3, I.N.A.

Jacques Doillon a choisi le style intime put esquisser le face p Nathalie Sarraute dans la selection â?? Un siècle nâ??écrivains â??. P dâ??âge adulte, elle confie avec pudeur quâ??il nâ??a pas career au récit et évoque ce quâ??elle a déjà retracé dans Enfance: les va-et-vient entre la France et la Russie, la découverte de la littérature, le lycée Fénelon â?? très dur â??, les études dâ??histoire à Oxford, une période heureuse entre les livres, le football et lâ??avironâ?¦ Elle évoque aussi la rencontre essentielle avec son futur mari, qui lâ??initiera à la peinture. Nathalie Sarraute est toute entière inscrite dans le présent des mots et des livres, et Jacques Doillon revient sans cesse, level pressure, à boy Å?uvre.

lsabelle Huppert donne, de ces textes appelant la pitch à voix haute, des extraits de lâ??univers p dâ??écrivain: Tropismes, Enfance, Entre la vie et la mort, Tu ne tâ??aimes pas, Lâ??Usage de la parole, Ici.

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